Sri Lanka , la verite d'aujourd'hui , par Jose de Perera

Publié le par ayubowanne

Cette synthese que je trouve realiste, apres avoir vecu 3 annees ici,

a ete ecrite par : Jose de PERERA,

josedeperera.over-blog.com link

 

" La guerre est terminée, mais la lutte de pouvoir ou si l’on peut dire la lutte

pour consolider le pouvoir n’est pas encore terminée.

Le Président actuel, après avoir écarté son rival en l’emprisonnant

et dissout le Parlement a les mains libres pendant 2 mois.

L’armée et la police continuent  à être recrutées au lieu

d’être démobilisées. Quel sera l’avenir du Sri Lanka ?

Voilà la question qui se pose sur toutes les lèvres. Pour les Sri Lankais

qui sont fatalistes la réponse est Dieu seul le sait et qui vivra verra.

Cependant le développement du pays est une tâche ardue

et de longue haleine. Voici un petit aperçu de la situation

actuelle au Sri Lanka. Fevrier 2010.

 

Histoire

Dans  l’histoire du Sri Lanka il y eut déjà, depuis longtemps, des conflits

et luttes de pouvoir, entre le Nord peuplé de Tamouls et le Sud de Cingalais.

Le pays fut divisé entre le Nord gouverné par un roi Tamoul et le Sud

gouverné par un roi Cingalais. Cette division s’est accentuée avec la venue

des colonisateurs d’abord Portugais, ensuite Anglais. Ces derniers devant

la résistance passive des Cingalais, ont importé depuis la région

Tamul Nadu de l’Inde, des travailleurs Tamouls.

Les planteurs Anglais ont favorisé le développement des Tamouls

aux dépens des Cingalais en construisant des villages, des écoles,

des temples Indous.  Ce qui suscite une certaine aversion des Cingalais

envers les Tamouls. Parmi la population Tamoule, on peut distinguer

les Tamouls anciens qui vivaient au Sri Lanka depuis des décennies,

puis les Tamouls importés par la Anglais, comme travailleurs dans

les plantations de thé et enfin les Tamouls qui viennent récemment

de la province Tamul Nadu de l’Inde en tant qu’émigrés.

La majorité des Tamouls se sont regroupés au Nord et à l’Est du Sri Lanka.

 


Langage

La langue Tamoule est différente du Cingalais, en écrit comme en

parlé. L’Administration et les écoles Sri Lankaise utilisent les deux langues.

Sur tous les papiers administratifs y figurent trois langues : l’Anglais,

le Cingalais et le Tamoul et c’est valable qu’importe la langue utilisée.

Cependant selon la région Nord ou Sud les gens parlent l’une ou l’autre

langue et si un Cingalais allait dans le Nord, il aurait des difficultés à

converser avec les autochtones et vice versa pour un Tamoul allant

dans le Sud.

 

 

Religion

La religion Tamoule est concentrée sur le Brahmaïsme, adorant plusieurs

déités, depuis Brahmâ en passant par Chiva, Ganesa, Kali et autres.

Les Sri Lankais en général et particulièrement les Tamouls sont très

superstitieux. Ils consultent des oracles, interprètent les songes et font

même de la magie, jetant des sorts  ou portant amulettes de protection.  

 Pour construire une maison, il faut faire appel à un prêtre qui indique la

date et l’heure favorable pour la pose de la première pierre.

Ensuite pour éloigner les mauvais esprits, on place un épouvantail.

A partir de cette croyance religieuse, il existe des castes, malgré l’abolition

et le modernisme. Ainsi pour les Tamouls, la caste inférieure est vouée

à des travaux harassants, comme l’entretien des voiries, collecter des ordures

etc. exactement comme en Inde avec les intouchables. Les mariages se font

non seulement avec l’aide d’un entremetteur, mais aussi par

consultation d’horoscope et entre castes et/ou ethnies. Un Tamoul est mal

vu ou ne peut pas se marier avec quelqu’un appartenant à une autre

caste ou religion. La mariée doit apporter une dot et selon sa religion,

le mariage est célébré par un Imam, prêtre catholique, prêtre Indouisme

ou moine Bouddhiste, en présence d’un officier de l’Etat civil.

La religion Cingalaise est le Bouddhisme. Lorsqu’on s’adresse à un moine

Sri Lankais, on lui donne le titre, non pas Vénérable comme dans les autres

pays Bouddhistes, mais Révérend (vestige anglaise ?) comme pour les

Pasteurs Anglicans. Le Bouddhisme Sri Lankais est différent des autres

pays comme la Thaïlande, le Cambodge, le Laos ou le Vietnam, pourtant

c’est la même branche de moine mendiant. Contrairement à la Thaïlande,

dont plus de 90% de la population sont Bouddhistes, les moines Bouddhistes

Sri Lankais peuvent posséder de l’argent, paient leur déplacement et font

des achats comme tout le monde. Les moines Bouddhistes Sri Lankais

sont moins respectés par la population alors qu’en Thaïlande, par exemple,

les moines sont vénérés, même dans la rue. Etant donné qu’ils ont une

certaine influence sur la population, donc sur l’Etat, les moines Sri Lankais

tissent un réseau d’influence, allant du simple citoyen lambda jusqu’aux

membres du Gouvernement. Ils n’hésitent pas à faire pression

sur le Gouvernement pour obtenir ce qu’ils veulent et

inversement le Gouvernement a besoin d’eux pour influencer

la population, lors des consultations populaires ou élection générale.

 

 

 

Education

Le système éducatif Sri Lankais est calqué sur le système éducatif Anglais.

Le port d’uniforme avec cravate aux couleurs de l’école est imposé

aux enfants, depuis la maternelle jusqu’à la fin d’étude.

Les gens aisé peuvent mettre leur progéniture dans des écoles privées,

d’où foisonnement de ces instituts privés, allant de la maternelle jusqu’au

diplôme de fin d’études secondaire. Les enfants des familles défavorisées,

se contentent d’écoles publiques dont les enseignants touchent un

salaire de misère. La plupart des enseignants préfèrent le privé.

Cependant dans le privé, il y a un inconvénient, c'est-à-dire, que les élèves

paient les professeurs, donc en retour, qu’ils soient cancres ou non, i

ls doivent obtenir un diplôme et c’est aux professeurs de faire des efforts

et non le contraire. La connaissance est devenue comme un trésor sans

partage. On ne délègue pas son savoir, ni son pouvoir  aux autres.

Le peu de connaissance qu’on possède, on ne le diffuse pas. On le garde

comme un secret, ce qui entraine une stagnation au niveau des connaissances,

car on ne continue pas à apprendre, à créer ou innover. Ce qui s’en suit

c’est que dans l’administration ou société privée, on trouve un chef de bureau

ou de service, avec des employés à leurs bottes pour consultation ou pour avis. I

l n’est pas permis d’avoir de prendre des initiatives. Il faut toujours

se référer au supérieur hiérarchique, qui lui se réfèrerait à son supérieur,

et ainsi de suite jusqu’au sommet de l’échelle hiérarchique.

L’employé est tenu à des tâches bien définies, si ces dernières

dépassent  sa capacité ou son train-train, il est obligé de se référer

à l’échelon supérieur. Ce système à la Taylorisme rappelle le film

de Charlie Chaplin «  les temps modernes » où l’employé travaillant

à la chaine ne pouvait serrer qu’un seul boulon et ce, toute la journée.

Dans les écoles publiques, on n’enseigne, comme langue que l

e Cingalais et le Tamoul. Ce n’est que récemment que l’Anglais est

introduit dans le système éducatif. Le résultat est qu’une majorité

de Sri Lankais ne parle pas la langue de Shakespeare, donc, ne peut

pas évoluer avec les technologies modernes d’aujourd’hui,

comme l’informatique. Le reste baragouine un Anglais dont la prononciation

laisse à désirer, car ils font parti de l’élite qui vont dans les écoles privés

et payant. L’informatique commence à peine à poindre son nez

dans les bancs d’école. Les ordinateurs sont obsolètes, les programmes

copiés, piratés, mal utilisés et les disques durs bourrés de virus.

Malheureusement, dans l’Administration c’est encore de la paperasserie

avec des tampons, des classements désuets, car il n’existe aucun plan de

formation continu.

C’est dans la campagne que l’éducation souffre le plus d’un manque

de professeurs et de locaux. Les professeurs mutés dans la campagne,

ne restent pas longtemps à leur poste. Au bout de 3 semaines,

ils reviennent à la ville, démissionnent et enseignent dans le privé.

Il en est de même pour les docteurs et infirmières.

 

 

 

Economie

La principale ressource du Sri Lanka est le thé, cultivé depuis l’époque

coloniale Anglaise et jusqu’à ce jour c’est le Royaume Uni reste le principal

acheteur. Par conséquent le cours du thé dépend du marché Anglais.

Encore une influence post colonialisme qu’il est difficile de renier.

Le pays produit aussi des épices, mais ne peut pas concurrencer ou

encore atteindre le niveau de son voisin l’Inde par manque de

savoir faire et de marketing.

La troisième production est le riz. Le riz est produit traditionnellement

depuis des millénaires. Aucune recherche pour améliorer la production

en qualité comme en quantité. Entre Sri Lankais dont la boutade sur la

paresse est la suivante. Le Sri Lankais a de la patience. Il attend

que la culture, la récolte, la cuisine soient faites et que vous l’invitiez,

pour qu’il daigne s’assoir à table pour manger, mais pour travailler, non.

Le paysan Sri Lankais à la rigueur laboure, sème et attend que la pluie

vienne pour pouvoir récolter son riz après 3 mois. Ce qui fait qu’il n’y a que 2

récoltes par an d’un riz ordinaire facile à cultiver et non un riz qu’on peut

exporter.

Le pays auparavant est doté de système d’irrigation avec des canaux

amenant de l’eau depuis des lacs artificiels, creusés par des rois

de l’époque. Malheureusement depuis des centaines d’années, les lacs

regorgent de boue et de lotus, ainsi que les canaux, d’herbes folles.

Personne n’a songé à draguer le fond des lacs ou canaux. Il y eut un

conflit armé à propos de l’eau d’irrigation dans la région Est du pays

et ce sont toujours les habitants, majorité Musulmane, qui en font les frais.

A ce jour, lorsque la saison des pluies arrive, l’eau déborde et inonde

les villages comme les villes. Les lacs ne retiennent plus l’eau et lorsque

la saison sèche arrive, c’est un véritable désert.

Les habitants font la cuisine au feu de bois, avec des casseroles

en terre glaise, ce qui a pour conséquence une déforestation massive,

accentuant ainsi la désertification, menant aux changements climatiques.

Même parfois dans les villes, il existe encore dans certaine maison,

des foyers pour la cuisine traditionnelle au feu de bois. Le charbon

est presque inexistant alors que le gaz en bonbonne n’est réservé

qu’aux familles nanties et modernes. Les gens ne sont habitués

qu’aux toilettes à la Turque ou faire leurs besoins dans la nature.

La modernisation n’est pas encore arrivée dans ce pays,

peut être il faudrait attendre encore des décennies avant que le Sri Lanka

rejoigne le groupe de pays, non pas développés, mais en voie de développement.

Le pays connait une inflation de 25% par an, en moyenne.

Le Gouvernement maintient un grand nombre de soldats,

de policiers et de fonctionnaires pour assurer son pouvoir.

Le déficit budgétaire est dû à l’impression de billet de banque

afin de subvenir aux dépenses du Gouvernement. L’équilibre monétaire

est maintenu grâce aux emprunts soit à la Banque mondiale,

soit aux pays amis comme la Chine, le Japon ou récemment la Russie.

Les régimes de faveur pour l’exportation, accordés par la Communauté

Européenne, par les USA ou le Royaume Uni sont bloqués.

Dans un avenir proche, le pays sera en cessation de paiement faute

de revenu suffisant, car la balance commerciale est déficitaire.

Il manque des investissements étrangers puisque la politique

du Gouvernement est de fermer ses portes aux investisseurs. 

 

voir suite .... tres interessante .

 


 

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fabrice 16/11/2012 11:28

je suis surpris par le ton très pessimiste de cet article.
Son inexactitude et son exagération en sont le reflet.
j'ai l'impression de lire un article écrit par un indien sur le sri lanka.
Biensûr tout n'est pas rose, loin de là, mais trouvez moi un pays qui ne colle pas à peu près avec la description de ce pays. Il faut rester réaliste, le sri lanka n'est pas son gouvernement et son
peuple à beaucoup de choses à nous apprendre notamment sur la simplicité, le pardon, et la tolérance.
J'espère que vous profitez néammoins de vivre dans ce merveilleux pays